Un noir est au gouvernement et pas n’importe où : à l’éducation nationale. C’est lui qui sera en charge de l’éducation de nos chères têtes blondes. Il n’en faut pas beaucoup plus à l’extrême droite pour avaler de travers et laisser libre cours à sa bile raciste : « choix terrifiant », « un intellectuel indigéniste, woke et obsédé par la race ».

Pas d’immunité ministérielle contre le racisme.

Les gouvernements français se suivent et se ressemblent. Mais le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron emmené par sa Première Ministre Elisabeth Borne (deuxième femme Première Ministre de l’histoire) innove. Mieux, un noir prend désormais place dans l’exécutif et pas n’importe où : à l’éducation nationale. C’est lui qui sera en charge de l’éducation de nos chères têtes blondes.

Il n’en faut pas beaucoup plus à l’extrême droite pour avaler de travers et laisser libre cours à sa bile raciste : « choix terrifiant », « un intellectuel indigéniste, woke et obsédé par la race ».

Car non content d’être noir, Pap Ndiaye est en plus un historien, doctorant en sciences sociales. Il peut rajouter à son CV la direction du musée de l’Histoire de l’Immigration et une interêt marqué pour l’histoire et la sociologie des population noires en France, d’où son essai : « La condition noire : essai sur une minorité française. » 

Celui qui se considère comme un « pur produit de la méritocratie française » fait peur à la vieille garde blanche française, obsédée par des théories farfelues et dangereuses de grand remplacement. Enfant métis d’une mère blanche française et d’un père noire sénégalais, frère d’une autrice à succès Marie Ndiaye, il représente la France d’aujourd’hui et de demain : mélangée, métissée, éduquée, militante et engagée sur les questions de société.

Malgré l’insistance des mouvances de droite et d’extrême droite d’insister que sur les questions raciales et le racisme systémique ne sont des problèmes américains, force est de constater que la population française et son nouveau ministre de l’éducation nationale ont un tout autre avis sur la question. Pap Ndiaye l’a même répété en 2018 quand il se prononce contre la suppression du mot race de la Constitution française au motif qu’« abolir la notion » des textes, ne fera pas disparaitre les réalités qui sont liées aux discriminations raciales.

L’avenir nous dira comment se passera son mandat et s’il parviendra à composer avec ses collègues ministres. Affaire à suivre !

Sarah Mbengue

Sarah Mbengue

Journaliste formée entre Paris, Londres et Bruxelles, elle s'intéresse aux questions de migration, de politique et de société. Avec des compétences en techniques multimédia, Sarah estime qu'être journaliste, c'est donner une voix à ceux qui n'en n'ont pas. Ça tombe bien ! Elle va s'y atteler.

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