Le rachat de Twitter, c'est le rêve fou d’un multimilliardaire sans limites pour 44 milliards de dollars. À l’échelle mondiale, les ventes de journaux continuent de baisser et les organes d’information luttent pour obtenir les « clics » qui déterminent les recettes publicitaires. La recherche de financement, de publicités et la montée en puissance des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter (leur nombre à doublé entre 2016 et 2021, passant de 2,3 à 4,2 milliards d’utilisateurs) desservent le journalisme: le sensationnalisme et les titres put-a-click sont maintenant légion.

Twitter est l’un des réseaux sociaux les plus utilisés dans le monde notamment par les journalistes. Exemple type du cycle d’information en continu, tous les acteurs de l’information du monde sont présents sur Twitter. Presque tous les journalistes ont un compte Twitter. C’est le médium idéal pour partager un scoop, une actualité chaude de façon instantanée à une large audience.

 En juillet 2022, le site annonçait 237,8 millions d’utilisateurs journaliers monétisables avec des chiffres sont en constante augmentation depuis 2017. Cependant, le récent rachat du réseau social par le milliardaire Elon Musk pourrait tout changer. S’étant délesté de la coquette somme de 44 milliards de dollars afin d’acquérir le géant d’internet , Elon Musk a juré d’imputer un réel changement aux règles qui régissent le site, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. Réel concept, cher aux américain qui inclut la liberté de culte et celle de la presse, repris dans le premier amendement de leur constitution, c’est donc au nom de cette liberté que des personnalités influentes pourraient faire leur retour sur la plateforme dont ils ont été bannis. On pensera notamment à Donald Trump banni après ses propos sur les événements du 6 janvier. Mais c’est surtout le signe d’une modération beaucoup plus laxiste : l’utilisation du “n-word” a augmenté de plus de 500% depuis le rachat.

Si la modération est l’une des causes majeures de la défiance du rachat par Musk, il existe une profession qui s’inquiète pour son avenir sur le site internet. Les journalistes ! nombre d’entre eux ont ce qu’on appelle un compte certifié, un badge bleu à côté de leur nom qui garantit leur identité et leur profession. Une protection contre les “fake news” en somme mais le nouveau patron vient d’annoncer que la certification pourrait donc être à la portée de tous pour la modique somme de 8 dollars par mois

Comment le nouveau modèle de Twitter peut s’inscrire dans cette nouvelle ère du journalisme ?

Le journalisme est considéré comme le quatrième pouvoir (à la suite des pouvoirs de l’État : législatif, exécutif et judiciaire). L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) décrit le journalisme, dans son rapport 2021/2022 , comme un bien public. Dans une ère où le monde est rythmé par l’information en continu  quelque soit l’heure qu’il est, vous êtes en mesure de savoir ce qui se passe dans le monde et ce en grande partie grâce à l’oiseau bleu, qui ne dort jamais. Twitter

Twitte

Depuis plusieurs années, on assiste à une réelle crise du journalisme : Les détracteurs sont nombreux : les sceptiques qui crient à la conspiration, à la collusion des élites pour laisser la population dans l’ombre de ce qui se passe vraiment dans la société. Intrinsèquement liées, les fake-news ou infox en français sont partagées par erreur ou en connaissance de cause. Ce qui est résulte, c’est une défiance vis à vis du journalisme, une difficulté de définir qui peut être journaliste et par conséquent l’information souffre. Si les journalistes formés “professionnellement” se soumettent à des règles telles que la vérification et la protection des sources,  la multitude des points de vue ou le principe du contradictoire, il n’en est pas forcément de même pour les journalistes “amateurs”, blogueurs ou autres journalistes citoyens.

Si demain tout le monde peut se prétendre journaliste certifié sur Twitter, l’une des principales sources d’informations de la planète, comment alors re-installer une confiance dans les organes de presse et ses professionnels. La venue d’Elon Musk et son comportement les prochaines semaines vont définitivement marquer un tournant pour le site et pour l’information mondiale en général.

Les challenges du journalisme de demain selon l’UNESCO

L’un des adversaires du journalisme c’est aussi la technologie à l’exemple du blocage d’internet ou de certains sites d’information dans certains pays. Intimidation des journalistes voir des conséquences physiques (l’assassinat de Jamal Kashoogi), l’UNESCO propose à cet effet 26 règles et principes à suivre pour les décideurs publics et les régulateurs. L’organisme mondial dévoile dans son dernier rapport la dimension financière qui reste le nerf de la guerre :

À l’échelle mondiale, les ventes de journaux continuent de baisser et les organes d’information luttent pour obtenir les « clics » qui déterminent les recettes publicitaires

La recherche de financement, de publicités et la montée en puissance des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter (leur nombre à doublé entre 2016 et 2021, passant de 2,3 à 4,2 milliards d’utilisateurs) desservent le journalisme : le sensationnalisme et les titres put-a-click sont maintenant légion. Le temps d’attention passé sur une nouvelle information est tellement court qu’il faut arriver à l’essentiel et tout dire en 140 caractères ou en une minute.

La fin des modèles traditionnels de journalisme laisse cependant place à l’innovation: des modèles à la “Brut” et “Konbini” nous arrivent à l’ère des plateformes de live streaming. Ces outils digitaux qui auparavant réservées aux contenus de jeux-vidéos, tels que Twitch, font fleurir de nombreuses chaînes qui prennent les nouveaux codex du traitement et de la présentation de l’information. L’information sera t’elle encore “plus” ou “moins” libre les prochaines années ? 

Sarah Mbengue

Sarah Mbengue

Journaliste formée entre Paris, Londres et Bruxelles, elle s'intéresse aux questions de migration, de politique et de société. Avec des compétences en techniques multimédia, Sarah estime qu'être journaliste, c'est donner une voix à ceux qui n'en n'ont pas. Ça tombe bien ! Elle va s'y atteler.

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