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Du mouvement à la lutte internationale

Comment expliquer son ampleur et sa résonance européenne?

Un mouvement transatlantique.

Inspiré des historiques mouvements afro-américains pour les droits civiques, le hashtag est pour la première fois employé à la suite de l’acquittement de l’homme jugé pour le meurtre de Trayvon Martin. Un jeune homme noir, de 17 ans, abattu en pleine rue alors qu’il rentrait d’une épicerie où il avait acheté des confiseries.

Depuis, les victimes du racisme aux USA se sont multipliées sans distinction de genre ou d’âge: Tamir Rice, Sandra Bland, Breonna Taylor , Dominique “Rem’mie” Fell… Le meurtre de Georges Floyd, en pleine rue sous les genoux d’un policier blanc , plaidant pour sa vie pendant 8min46; accompagné du même terrible écho:  “I can’t breathe”, qu’Eric Garner en 2014.

Sur fond de pandémie mondiale; les afro-américain sur-représentés dans les victimes de la Covid-19, ont une fois de plus, pris place (une fois de plus) dans les rues, le poing levé.

Naître noir ne devrait pas être synonyme d’une sentence mortelle.

En Europe

Rapidement ce mouvement américain s’est propagé à l’Europe: en France Assa Traoré , figure de proue de la lutte antiraciste, à joint l’utile au désagréable: la lutte pour la reconnaissance des violence policières comme cause décès de son frère en 2016 s’est greffée à un contestation plus large du racisme systémique et des violences policières dans le “pays des droits de l’homme”. Manifestation monstre dans Paris comme les Français savent si bien faire:

En Angleterre, c’est sur fond du scandale Windrush (la génération Windrush représentant les afro-caribéens dont l’immigration a été sponsorisée par le gouvernement britannique au sortir de la guerre pour participer à la reconstruction du pays) que les gens sont descendu dans la rue. Les cicatrices du Brexit et son lot de racismes sont encore bien présents

En Belgique, c’est Adil, 19 ans qui meurt lorsque son scooter est percuté par un véhicule de la police. Il n’en faut pas plus pour suivre l’exemple français et américain. 

Vision Belge

Salomé Omanga, étudiante en Master à l’université de Gand en études africaines tisse le lien entre l’émergence européenne de ce mouvement et sa résonance en Belgique, pays profondément marqué par son passif colonial.

“L’appropriation de ce mouvement a permis de parler de la colonisation”, cela a permis aux activistes et aux gens lambda de prendre la parole sur ce sujet trop souvent tabou. Le racisme en Belgique ne concerne pas que les noirs, la population arabe, majoritairement maghrébine de Belgique est aussi victime d’un racisme actif et systémique. Pour Omanga : ” Le mouvement c’est aussi pour eux, il faut de la mixité et de la convergence car nous luttons contre la même chose”.

Les discussions sur le “white privilège” sont nécessaires et doivent faire partie de la “réflexion nationale” selon Omanga. “Il faut une prise de conscience des personnes blanches; dans la rues, dans les universités mais surtout dans les politiques”.

L’impact de la colonisation est toujours présent dans notre société: “la propagande a profondément influencé la perception que l’on a  des noirs” .

Salomé Omanga ouvre la discussion et indique qu’aucun changement ne se fera tant que l’éducation n’est pas complète et représentative de la situation actuelle. Pourquoi les afro-descendants rencontrent t’ils autant de difficultés à l’emploi alors qu’ils sont titulaires de diplômes dans l’enseignement supérieur.

Pour rappel, Léopold II au Congo c’est: un pays considéré comme sa propriété personnelle, plus de 10 millions de morts et des mutilations encore plus nombreuses.

Résonances? Impossible en Belgique de parler de racisme sans mentionner l’islamophobie et le racisme anti-maghrébin. Les récentes manifestations à Bruxelles ont permis d’illustrer cette réunion, cette convergence des luttes.

Un mouvement d’ Insurgence Globale” selon Yasmine Ouirhrane (activiste italo-marocaine et jeune européenne), si le mouvement BLM est aussi puissant et suivi c’est que parler de sort des personnes noires c’est aussi lever le voile sur les autres formes de racisme. La globalité du mouvement et l’indignation collective à  permis de remettre (encore) le racisme systémique et ordinaire au centre des discussion.

Fatima Zaman , basée à Londres, de la fondation Kofi Annan nous parle de sone expérience avec le racisme aux USA et en Europe: ” en Europe et au Royaume-Uni c’est plus des regards et des insultes, aux USA j’ai conscience de mon intégrité physique peut-être menacée”.

Elle même victime du racisme , bien que “non-noire” cela ne l’empêche pas d’être une alliée. Elle appuie sur l’importance “d’une voix collective, afin de secouer l’Europe, secouer les Etats-Unis”. L’entretien se concluera par une citation du Dr Martin Luther King “l’injustice où qu’elle soit dans le monde menace la justice partout dans le monde.”

Tout les deux elles ont écrit une tribune en soutien au mouvement BlackLivesMatter.

Sarah Mbengue

Sarah Mbengue

Journaliste formée de Paris a Londres en passant par Bruxelles, elle s'intéresse aux questions de migrations, de politique et de société. Avec des compétences en techniques multimédia, elle estime qu'être journaliste c'est donner une voix a ceux qui n'en n'ont pas. C'est justement ce à quoi elle va s'atteler durant son séjour chez nous. Bienvenue à Sarah Mbengué

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